[RLPi – partie 2] Des risques de fleurissement de panneaux publicitaires, demande d’extinction nocturne et vigilance sur les clean-tags

Ce présent article fait parti de la retranscription de la séance du conseil de Bordeaux Métropole du 23/09/2016, il est la suite de ces articles :

Mme Ferreira : « Oui merci M. Le Président de saluer le travail qui a été fait sur ce RLPi avec un résultat qui est vraiment satisfaisant. La délibération nous donne un bilan de concertation qui est très complet. On peut bien sûr regretter le manque de participation quand on regarde le nombre de personnes concernées mais il n’y a absolument rien à dire sur la méthode. Une chose peut-être à remarquer sur ce qu’on dit les gens qui se sont exprimés, ils se sont davantage exprimés sur la question de la publicité que sur la question des enseignes. D’ailleurs ils ont tous rejeté la position publicitaire. Et c’est vrai que quand on parle de RLPi l’opinion publique oublie effectivement que les enseignes sont aussi concernées et donc là c’est une autre cible.

Les petits commerces, les artisans dont vient de parler Mme Delaunay et les restrictions qui sont proposées sur les enseignes sont tout à fait valables et permettent de lutter contre la pollution visuelle et préserver l’environnement de votre quartier mais pour autant j’aurais peut-être une petite proposition supplémentaire à faire : au moment de l’application de ce RLPi ce serait peut-être bon que nous mettions en place une réflexion partenariale avec les associations de commerçants, avec la CCI sur la question de la signalétique en accompagnement des commerçants histoire de leur montrer que les instructions que nous leur imposons n’ont pas pour but de diminuer leur activité économique mais au contraire qu’on a l’intention de les accompagner.

Sur les dispositions qui concernent les panneaux publicitaires elles vont tout à fait dans le bon sens et elles respectent la concertation qui a eu lieu en amont avec les communes et qui a été effectivement très très bien faite. En juillet dernier j’avais demandé qu’on maîtrise les interdictions contre les panneaux publicitaires. Cela a été bien entendu puisque cela une règle de densité a été mise en place sur certains zonages, c’est-à-dire un linéaire minimum pour pouvoir implanter un support. Et j’ai cependant une remarque : quand on regarde la zone 4B c’est une zone résidentielle à dominante urbaine. Et la règle qui est appliquée fait qu’on peut installer un support publicitaire à chaque fois qu’un linéraire de façade est inférieur à 30 mètres. je regrette un peu ce chiffre, je le trouve un peu élevé car beaucoup de linéraires n’atteignent pas 30 mètres dans ce type de zonage et je crains que la règle sur ce coup-là ne soit pas assez restrictive surtout quand je la compare avec la règle sur la zone 5 c’est-à-dire sur les axes structurants qui vont supporter (c’est normal d’ailleurs) davantage de supports publicitaires et où le linéaire minimum est fixé à 25 mètres.

Ce RLPi va donc vraiment dans le bon sens il faut saluer je le redis le travail effectué. Est-ce que vous pouvez simplement nous rassurer quand au fait que les quartiers résidentiels de la métropole ne voient pas un fleurissement de panneaux publicitaires quasi-similaires à celui des axes structurants ? »

(…)

M. Rossignol : « M. Le Président, mes chers collègues, nous saluons également le travail fait et nous sommes satisfaits d’avoir un règlement local de publicité harmonisé à l’échelle de l’agglomération.

Ce règlement prend en compte les politiques volontaristes qu’on pratiqué déjà certaines communes. Il prend également en compte un peu les habitants car selon un sondage récent de 2014 73 % des français trouvent la publicité envahissante et 85 % la considèrent même comme intrusive.

Donc nous sommes satisfaits de lire les orientations du rapport : maîtriser la publicité, limiter son impact, et adopter des règles d’extinction nocturne. Sur ce dernier point d’ailleurs nous demandons aux habitants de faire des efforts pour baisser leur consommation d’énergie, éteindre les lumières lorsqu’ils quittent une pièce par exemple. Pour autant, nous constatons que les publicités lumineuses sont allumées bien tard le soir. Bien sûr il faut une règle d’extinction nocturne, qui est dans le rapport puisque les publicités seront éteintes à une heure du matin à 6h du matin. Ceci étant dit, les chiffres du ministère de l’environnement et de l’énergie précisent que l’énergie nécessaire pour les enseignes et les publicités correspondent à 1 terrawatt heure, l’équivalent de la consommation électrique annuelle de plus de 370 000 ménages. Par ailleurs, du point de vue de la sécurité, les dispositifs lumineux dans la nuit éblouissent les usagers et peut-être sollicitent leur attention de façon dangereuse.

Donc ce que nous pourrions proposer c’est que cette période d’extinction lumineuse la nuit soit amplifiée non pas simplement de 1h à 6h mais de 23h à 6h car ont peut dire qu’à partir de 23h on peut dire qu’on peut arrêter de faire du shopping et éteindre les publicités lumineuses 2h de plus permettrait d’économiser l’équivalent de la consommation d’énergie de plusieurs milliers de familles (plus de 12 giga watt heure).

Enfin nous tenons à pointer du doigt une nouvelle forme de publicité émergente qui n’est pas présente dans ce règlement à laquelle nous devons faire attention à l’avenir : les publicités peintes au sol ou clean-tags. Le déficit de règlementation doit être interrogé à ce propos. Donc voilà nous accueillons positivement ce RLPi et nous appelons à toujours aller plus loin et à titre personnel je voudrais saluer le travail d’associations et de citoyens comme par exemple les Déboulonneurs* qui permettent d’ouvrir les esprits à cet envahissement publicitaire. »

*@Clément Rossignol : parliez-vous des Déboulonneurs, de nous, ou des deux ?

Suite : [RLPi – partie 3] Un RLPi qui doit aller plus loin

Exemple de panneaux dans la Gare St-Jean